Gaëlle a 23 ans et suit un master de recherche en études sur le genre, parcours sociologie. Elle a débuté sur internet avec un blog étudiant, puis a créé un site internet et un compte instagram pour parler de divers sujets comme le féminisme, l’esprit critique, l’éducation, l’acceptation de soi… Je l’ai découverte sur instagram, et ayant tout de suite apprécié son contenu, je lui ai proposé de participer à Women of the World.


J’aurais pu commencer ce texte en vous parlant de ma dernière relation amoureuse qui s’est très mal passée. Une relation toxique comme on l’appelle, une relation dans laquelle on se relève doucement, très doucement. Néanmoins si, aujourd’hui, j’ai décidé de prendre ma plume pour vous écrire, c’est plutôt pour vous parler du chemin parcouru depuis celle-ci.

Effectivement, lorsque j’ai vécu cette relation désastreuse, j’avais seize ans. De mes seize à mes dix-sept ans, je suis restée dans cette relation qui m’a bouffé de l’intérieur, une relation toxique, épuisante, fatigante, mais une relation tout de même. Une relation qui m’a vidée de l’intérieur. C’est simple, suite à celle-ci je me sentais vide de tout ou vide de rien, je ne sais pas à vrai dire.

Cependant, lorsque j’ai trouvé la force de tout arrêter et de partir, je me suis sentie renaître. Un sentiment de liberté m’a envahie dans tout le corps. Je pense n’avoir jamais ressenti de manière intense un sentiment comme celui-ci.

Ce sentiment de renaissance m’a ainsi poussée à prendre ma vie en main, oser m’affirmer et ainsi partir à chercher les réponses à mes questions. C’est comme cela que je suis arrivée à l’université en Licence de Sciences sociales. Certes, le nom de ce cursus ne fait pas envie à un très grand nombre, mais pour ma part, celui-ci m’a tout de suite interpellée. Interpellée, car j’avais le sentiment qu’au sein de cette formation, j’allais enfin comprendre ce qui m’était arrivée. J’allais enfin comprendre le monde qui m’entoure et que j’ai tant détesté. Ce monde noir, sombre mais pourtant si riche d’enseignement.

Finalement, c’est pendant ces trois années de licence que ma renaissance a eue lieu. Cette échappée à l’université m’a changé à tout jamais. Un changement qui s’est opéré de manière brutale mais tellement nécessaire. Un changement qui m’a demandé beaucoup de travail sur moi-même, mais un changement riche d’enseignement. Avec le recul, je me dis que si je n’avais pas choisi cette voie-là, je ne serais pas la femme que je suis, aujourd’hui. Je me demande, souvent, si cette jeune fille de dix-sept ans, celle que j’étais, me regarde avec envie ? Si celle-ci se rend compte du parcours qu’elle a fait depuis cinq ans ? Si celle-ci comprend mieux ce qu’elle a vécu ? Si celle-ci a, enfin, trouvé la paix avec elle-même ?

À vrai dire, la licence de sciences sociales m’a, certes, poussé à remettre en question le monde, mais ce sont les questions de genre, les questions sur le féminisme et l’égalité femme/homme qui m’a véritablement changée à tout jamais. Je sais combien ces disciplines sont souvent critiquées voir décriées, mais je sais aussi combien celles-ci ont permis à de nombreuses personnes d’appréhender un peu mieux leur environnement voire même se réparer. Je ne compte plus le nombre de personnes que j’ai rencontré, sur ma route, qui avaient vécu la même chose que moi, voire pire. Je ne compte plus le nombre de discussions et d’échanges que cela a pu amener. Je ne compte pas non plus les changements que cela m’a demandé d’opérer. La différence m’a apporté bien plus qu’aucune autre discipline. La bienveillance et la tolérance m’ont, elles aussi, permis de nouer des relations avec des personnes que je n’aurais jamais pensées…..

Maintenant que mon Master en études sur le genre parcours sociologie se termine, je sais enfin une chose. Je sais que je ne pourrais plus jamais fermer les yeux sur des violences quelles qu’elles soient, je ne pourrais plus accepter des insultes, injures, menaces envers d’autres personnes, juste parce qu’elles sont différentes. Je ne pourrais plus cautionner ce monde et cette société qui tend à diviser ses habitant.es. En fait, c’est principalement parce que je ne peux plus faire machine arrière, que j’ai décidé, moi aussi, de m’engager. M’engager dans mon futur métier, m’engager auprès de mes proches pour tenter de les faire grandir, m’engager sur les réseaux sociaux pour porter une voix, ma voix sur ces nombreuses questions de société. Peu importe, mais m’engager pour construire le monde que j’ai toujours voulu voir.

– Gaëlle, le 25 septembre 2020

 

Gaëlle est micro-entrepreneure, et propose notamment des formations de développement personnel ! Vous pouvez voir ce qu’elle fait sur son site internet ou sur son instagram @athenaa_off.

 

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