Vesela a 25 ans et elle est originaire de Bulgarie. Elle détient un baccalauréat en physiologie de l’université McGill à Montréal, au Canada. Passionnée par la santé et les droits des femmes, elle est présentement étudiante à la maîtrise en santé publique et en santé mondiale à l’Université de Montréal. Nous nous sommes rencontrées au sein d’une implication associative commune, et j’ai tout de suite admiré sa détermination. Je lui ai donc proposé de participer à Women of the World.


Mon amour pour la littérature a toujours été une partie essentielle de ma vie. Encore aujourd’hui, ma mère raconte fièrement que j’ai appris à lire avant même d’aller à l’école. En y repensant, je réalise à quel point la lecture a eu une influence positive pour ma croissance personnelle et pour le façonnement de la personne que je devenais.

Quand j’ai dû quitter mon pays pour immigrer, à l’âge de 7 ans, et apprendre non pas une, mais deux nouvelles langues, la littérature m’a aidé à m’adapter à mon nouvel environnement. Quand je peinais à me faire des amis, à m’intégrer, la littérature me réconfortait. Je suis une enfant de l’ère de « Harry Potter » qui a grandi en rêvant aux sorciers, aux créatures magiques et à la sorcellerie. Quand je me faisais intimider à l’école par rapport à mes origines, je trouvais courage en lisant les passages où Harry tenait tête à Malfoy. Quand je me sentais seule et loin de la maison, je retrouvais le confort dans les salles communes de Hogwarts. En posant un regard sur le passé, ces rêves d’enfants peuvent sembler loufoques, mais ils m’ont permis de cultiver force et persévérance face aux épreuves et aux incertitudes ; une qualité dont je tire une grande fierté chaque jour.

Avec l’âge, la littérature s’est ancrée dans mon train-train quotidien et est devenue plus qu’un simple passe-temps. Durant mes études de premier cycle, j’ai compris que la littérature était une manière de s’unir avec son prochain. Malgré ma décision de suivre un cursus scolaire en sciences de la santé, je me suis efforcée d’y inclure des cours de littérature. Quelle joie que de découvrir que mon amour des lettres pouvait être partagé avec autrui et approfondi à travers des discussions réfléchies ! C’est aussi à cet instant que j’ai été introduite aux grands canons littéraires. Quand j’étais à la recherche de mon identité et de ma carrière, j’ai trouvé conseils chez Márquez, Nabokov, Morrison, Tolstoy, Atwood, Brontë et plusieurs autres. Par le biais de mes lectures sur différentes pensées et opinions, j’ai été incitée à réévaluer mes valeurs ainsi que ma compréhension du monde. À travers les bouquins qui relataient des réalités et des émotions universelles diversifiées, j’ai développé de la compassion pour le monde qui m’entoure et pour moi-même. Lire les difficultés des autres m’a contraint à confronter ce qui me tourmentait intérieurement. Dans cette optique, la lecture nous rend aussi humbles qu’elle nous rend forts, et se plonger dans la littérature devient plus qu’une activité passive. Lire est un processus transformateur qui vient sans cesse modeler nos pensées, nos actions et nos sentiments.

Ultimement, la littérature est à mes yeux une manière de créer un lien entre individus et comprendre le monde qui nous entoure. Il peut sembler contradictoire de dire qu’une activité qui se pratique en solitaire peut nous permettre de nous unir avec l’autre ; c’est là que réside la beauté de la littérature. La majorité croit qu’ils sont seuls quand ils bouquinent. Cependant, ils ne réalisent pas que la lecture permet de se plonger dans des siècles de pensées et d’émotions communes. La littérature ne s’écrit pas dans l’isolation. Toute littérature est enracinée dans l’histoire de l’humanité et nous aide à mieux comprendre ce que signifie être un humain.

Lecteur, voici ce que j’aimerais te dire : la prochaine fois que tu te sentiras triste, anxieux et débordé ; prends un livre. Quand tu devras faire face à de dures décisions ou que tu ne sauras pas quel chemin suivre ; prends un livre. Il y a des chances qu’à un moment quelconque, quelqu’un a vécu une expérience similaire et l’a écrit.

Vesela, le 16 octobre 2020

  Les livres intemporels préférés de Vesela :

  • Cent ans de solitude, par Gabriel García Márquez
  • Beloved, par Toni Morrison
  • Lolita, par Vladimir Nabokov,
  • Anna Karénine, par Leo Tolstoy
  • Captive, par Margaret Atwood

  Contenu traduit par Naïla Harkat.  

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